Bingbot et robots.txt : les bases d’une relation bien huilée
Si Google monopolise souvent les conversations SEO, Bing représente pourtant une part non négligeable du trafic organique en France, notamment via son intégration dans Windows, Edge et désormais Copilot. Bingbot, le robot d’indexation de Microsoft, fonctionne selon ses propres règles et ses propres priorités. Pour les agences SEO françaises qui souhaitent maximiser la visibilité de leurs clients sur l’ensemble des moteurs de recherche, comprendre comment Bingbot interprète les directives robots.txt et les sitemaps est une étape incontournable. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, il existe de vraies différences de comportement entre Googlebot et Bingbot qu’il vaut mieux ne pas ignorer.
Le fichier robots.txt reste le premier point de contact entre Bingbot et votre site. Hébergé à la racine du domaine (ex : https://votresite.fr/robots.txt), ce fichier texte indique aux robots quelles zones du site sont accessibles ou non. Bingbot respecte scrupuleusement les directives User-agent: Bingbot, mais il respecte aussi les directives génériques définies sous User-agent: *. Il est donc possible de personnaliser les règles d’exploration spécifiquement pour Bing, ce que peu d’agences font réellement. Par exemple, si vous souhaitez que Googlebot explore certaines pages de staging mais pas Bingbot, vous pouvez cibler chaque robot individuellement. Une bonne pratique consiste également à vérifier que votre fichier robots.txt ne bloque pas accidentellement des ressources CSS ou JavaScript que Bingbot utilise pour rendre les pages — un problème encore très fréquent sur des CMS anciens ou mal configurés.
La directive Crawl-delay : un levier spécifique à Bing
L’une des particularités de Bingbot, qui le distingue clairement de Googlebot, est sa prise en charge de la directive Crawl-delay dans le fichier robots.txt. Cette directive permet de définir un délai (en secondes) entre deux requêtes successives du robot. Googlebot ignore officiellement cette directive et gère lui-même son rythme d’exploration, en se basant sur les paramètres du Search Console. Bingbot, lui, l’applique réellement. Pour les sites à forte volumétrie de pages ou hébergés sur des serveurs aux ressources limitées, cela peut faire une vraie différence en termes de charge serveur. Une valeur de Crawl-delay: 1 est souvent suffisante pour éviter une pression trop forte du bot sur l’infrastructure, tout en maintenant un rythme d’indexation acceptable. En revanche, une valeur trop élevée, comme 10 ou 15 secondes, risque de ralentir considérablement l’indexation de nouvelles pages, ce qui peut nuire à la réactivité du site dans les résultats Bing.
Il est également important de préciser que Bingbot peut adopter deux modes de fonctionnement distincts : l’exploration standard pour l’indexation, et une exploration liée aux fonctionnalités d’IA de Microsoft, notamment pour alimenter Copilot et les réponses enrichies dans Bing Chat. Ces deux agents ont des identifiants légèrement différents et peuvent être gérés séparément. Microsoft recommande d’ailleurs de consulter régulièrement la documentation officielle de Bing Webmaster Tools pour identifier les user-agents actifs, car ceux-ci évoluent au rythme des nouvelles fonctionnalités déployées par Microsoft.
Les sitemaps XML : une boussole précieuse pour Bingbot
Si le fichier robots.txt dit à Bingbot où il ne peut pas aller, le sitemap XML lui indique où il devrait aller en priorité. Microsoft recommande explicitement la soumission de sitemaps via Bing Webmaster Tools, l’équivalent Bing de la Google Search Console. Cette plateforme permet de soumettre un ou plusieurs fichiers sitemap, de surveiller leur traitement, et d’identifier les URL ignorées ou en erreur. En France, Bing Webmaster Tools est encore sous-utilisé par les agences, alors qu’il offre des données précieuses sur la manière dont Bingbot perçoit un site.
Pour tirer le meilleur parti des sitemaps avec Bingbot, quelques règles s’imposent. D’abord, le sitemap doit impérativement être référencé dans le fichier robots.txt via la directive Sitemap: https://votresite.fr/sitemap.xml. Ensuite, il est conseillé de ne pas dépasser 50 000 URL par fichier sitemap, et de fragmenter les sitemaps par type de contenu (pages, articles, produits, images) pour faciliter la lecture par le robot. Les balises <lastmod> (date de dernière modification) et <changefreq> (fréquence de mise à jour) sont prises en compte par Bingbot, même si leur influence exacte sur la priorisation reste partielle. En revanche, la balise <priority> est largement ignorée par Bingbot, tout comme par Googlebot — inutile donc de s’y attarder.
Bing Webmaster Tools : l’outil indispensable pour piloter l’indexation
Au-delà de la simple soumission de sitemaps, Bing Webmaster Tools offre depuis 2023 des fonctionnalités qui méritent vraiment l’attention des professionnels du SEO. L’outil URL Inspection permet de vérifier si une page spécifique est indexée, comment Bingbot l’a rendue, et quels liens internes ou externes pointent vers elle. La fonctionnalité Index Explorer donne une vue d’ensemble des pages découvertes et indexées, avec des filtres par répertoire ou par type d’URL. Enfin, l’outil de soumission manuelle d’URL (limité à un certain nombre de requêtes par jour selon le niveau de vérification du site) permet d’accélérer l’indexation de pages fraîchement publiées ou mises à jour.
Microsoft a également renforcé en 2024 les capacités analytiques de Bing Webmaster Tools, en y intégrant des données liées aux performances dans les résultats enrichis et aux apparitions dans les réponses Copilot. Pour une agence SEO française travaillant sur des clients à dimension nationale ou e-commerce, ignorer ces données revient à naviguer à l’aveugle sur une part non négligeable du trafic organique potentiel. Bing représente selon les estimations entre 6 et 10 % des recherches en France selon les périodes et les secteurs, avec une surreprésentation chez les utilisateurs Windows en entreprise — un segment particulièrement pertinent pour les sites B2B.
Bonnes pratiques et erreurs fréquentes à éviter
Pour conclure, voici un récapitulatif des erreurs les plus fréquentes observées sur des sites francophones en matière de configuration pour Bingbot. Première erreur classique : bloquer involontairement Bingbot via une directive trop large dans le robots.txt, par exemple en utilisant Disallow: / sous User-agent: * sans exception explicite pour les bots autorisés. Deuxième erreur : ne pas vérifier la propriété du site dans Bing Webmaster Tools, ce qui empêche d’accéder aux données d’exploration et de soumettre des sitemaps de manière authentifiée. Troisième erreur : utiliser un sitemap généré automatiquement par un plugin sans jamais vérifier qu’il ne contient pas des URL canonicalisées ailleurs, des pages en noindex, ou des redirections — autant d’éléments qui diluent la qualité du sitemap aux yeux du robot.
Enfin, une bonne pratique souvent négligée consiste à tester régulièrement la validité du fichier robots.txt directement depuis Bing Webmaster Tools, qui propose un outil dédié à cet effet. Ce test permet de simuler le comportement de Bingbot face à une URL donnée et de vérifier si celle-ci est autorisée ou bloquée. En intégrant ces vérifications dans les audits SEO techniques, les agences françaises peuvent proposer une prestation réellement complète à leurs clients, allant bien au-delà de la seule optimisation pour Google.



