Une année 2024 sous le signe de l’expérience utilisateur
L’année 2024 aura été décisive pour les Core Web Vitals, ces métriques introduites par Google pour mesurer la qualité de l’expérience utilisateur sur le web. Rappelons le contexte : depuis leur intégration officielle comme signal de classement en 2021, ces indicateurs n’ont cessé de gagner en importance dans la stratégie SEO des éditeurs de sites et des agences françaises. En 2024, Google a finalisé une transition majeure en remplaçant le FID (First Input Delay) par l’INP (Interaction to Next Paint), un changement annoncé de longue date mais qui a nécessité une adaptation concrète de la part de nombreuses équipes techniques. Cette évolution traduit la volonté de Google de mesurer non plus seulement le délai avant la première interaction, mais bien la fluidité globale des interactions tout au long de la navigation.
Les trois métriques clés : où en est-on après 2024 ?
Pour bien aborder les objectifs 2025, il est utile de faire un bilan précis des trois métriques qui composent les Core Web Vitals. Le LCP (Largest Contentful Paint) mesure le temps de chargement du plus grand élément visible à l’écran : l’objectif est de rester sous les 2,5 secondes. Le CLS (Cumulative Layout Shift) évalue la stabilité visuelle de la page, avec un score cible inférieur à 0,1. Enfin, l’INP (Interaction to Next Paint), officiellement entré en vigueur en mars 2024, remplace le FID et mesure la réactivité globale de la page aux interactions de l’utilisateur, avec un seuil à ne pas dépasser de 200 millisecondes. Les données issues du Chrome User Experience Report (CrUX) révèlent qu’une proportion encore significative de sites français peine à atteindre le seuil « Good » sur l’ensemble de ces trois métriques simultanément, notamment sur mobile. Cette difficulté est particulièrement marquée pour les sites e-commerce, les portails médias et les plateformes à forte composante JavaScript.
L’INP, le grand chantier de 2024 pour les développeurs et les agences
L’introduction de l’INP comme métrique officielle en mars 2024 a constitué le principal défi technique de l’année pour les équipes web françaises. Contrairement au FID, qui ne mesurait que le délai avant la toute première interaction, l’INP surveille l’ensemble des interactions au cours d’une session de navigation : clics, appuis sur des touches, interactions tactiles. Pour les sites construits sur des frameworks JavaScript lourds — React, Vue, Angular — ou sur des CMS comme WordPress chargés en plugins, l’optimisation de l’INP s’est révélée particulièrement exigeante. Les techniques mobilisées ont inclus la réduction du travail sur le thread principal, le découpage des tâches longues (long tasks), l’utilisation du code splitting et l’adoption de patterns d’optimisation comme le debouncing des événements. De nombreuses agences SEO et développement françaises ont dû renforcer leurs compétences en performance web, ou s’associer à des profils plus spécialisés pour répondre aux attentes de leurs clients sur ce point.
Les tendances observées sur les SERPs françaises en lien avec les CWV
Sur le plan de l’impact SEO concret, les professionnels français ont pu observer en 2024 des corrélations entre les scores Core Web Vitals et les performances dans les résultats de recherche, même si Google rappelle régulièrement que ces métriques ne constituent qu’un signal parmi plusieurs centaines. Les études menées par différents acteurs du secteur — dont des analyses publiées par des outils comme Semrush, Ahrefs ou des observatoires SEO indépendants — montrent que les pages atteignant le seuil « Good » sur les trois métriques affichent en moyenne de meilleures positions pour des requêtes compétitives, toutes choses égales par ailleurs. En France, le secteur du retail en ligne a été particulièrement actif sur le sujet, notamment à l’approche de périodes commerciales clés comme les soldes ou le Black Friday, où la vitesse de chargement influe directement sur le taux de conversion. La prise de conscience est réelle, même si elle reste inégale selon la taille des structures : les grands groupes disposent de ressources dédiées, tandis que les PME restent souvent dépendantes de leurs agences pour la mise en œuvre.
Objectifs et priorités pour 2025
À l’aube de 2025, plusieurs axes de travail se dessinent clairement pour les équipes qui souhaitent maintenir ou améliorer leurs scores Core Web Vitals. Premièrement, la maîtrise de l’INP reste une priorité absolue : les outils de diagnostic comme Lighthouse, PageSpeed Insights et le rapport CrUX dans la Google Search Console doivent être consultés régulièrement pour identifier les pages problématiques. Deuxièmement, l’optimisation du LCP passe de plus en plus par des stratégies avancées comme le preloading des ressources critiques, l’utilisation du format d’image WebP ou AVIF, et la mise en place de CDN performants — un sujet sur lequel les hébergeurs français comme OVHcloud ou Infomaniak progressent. Troisièmement, la stabilité visuelle (CLS) demeure un point de vigilance pour les sites intégrant des publicités display, des contenus embarqués ou des polices web chargées de façon asynchrone. Enfin, il faut anticiper les évolutions potentielles que Google pourrait introduire : des discussions émergent autour de nouvelles métriques complémentaires, notamment autour du Smooth Rendering et de l’accessibilité perçue, qui pourraient enrichir le cadre des CWV dans les prochaines années.
Ce que les agences françaises doivent retenir pour structurer leur offre
Pour les agences SEO françaises, le bilan 2024 et les perspectives 2025 autour des Core Web Vitals envoient un message clair : la performance web n’est plus une option ou un add-on dans une prestation SEO, c’est une composante centrale de la valeur ajoutée apportée aux clients. Les agences qui sauront intégrer une expertise technique solide en optimisation des CWV dans leur offre — que ce soit en interne ou via des partenariats stratégiques — seront mieux positionnées pour démontrer un ROI mesurable à leurs clients. Cela implique également de mieux éduquer les décideurs côté client : un bon score Core Web Vitals n’est pas seulement une case à cocher pour Google, c’est un vecteur direct d’amélioration de l’expérience utilisateur, et donc de la performance commerciale du site. La fin d’année 2024 est le moment idéal pour auditer les performances actuelles, définir des benchmarks clairs et planifier les actions techniques à mener dès le premier trimestre 2025.



