Bingbot et les données structurées : une relation de plus en plus stratégique
Depuis quelques années, Bing intensifie ses efforts pour proposer des résultats enrichis directement dans ses pages de recherche. Derrière cette ambition se cache une mécanique bien précise : l’exploitation des données structurées. Contrairement à une idée reçue encore trop répandue dans les agences françaises, Bingbot ne se contente pas de lire passivement vos balises Schema.org. Il les interprète, les hiérarchise, et en tire des blocs d’information qu’il intègre à ses réponses directes, ses rich answers, et depuis peu, à ses résultats générés par intelligence artificielle via Bing Copilot. Comprendre quelles données structurées Bing privilégie vraiment, c’est donc se donner une longueur d’avance sur un moteur qui pèse encore entre 5 et 8 % du trafic organique en France — un chiffre modeste, mais loin d’être négligeable pour des secteurs comme le tourisme, le e-commerce ou les services B2B.
Les types de balisage les plus valorisés par Bingbot
Bing a publié et maintenu à jour sa propre documentation sur les données structurées prises en charge, distincte de celle de Google. Et les différences sont réelles. Si les deux moteurs partagent un socle commun autour des formats Schema.org en JSON-LD, Microdata ou RDFa, Bing affiche des préférences marquées pour certains types de balisage. En tête de liste : les balises FAQ, HowTo, Recipe et Product. Ces quatre types génèrent régulièrement des affichages enrichis directement dans les SERP de Bing, avec des informations extraites et présentées sous forme de blocs visuels distincts du résultat classique. Le balisage LocalBusiness est également très bien traité, notamment dans le cadre des recherches géolocalisées, où Bing Maps joue un rôle central dans la restitution des résultats. Pour les agences travaillant des clients avec des points de vente physiques, cette dimension est particulièrement importante à soigner.
Bing mise aussi fortement sur le balisage Article et NewsArticle, dans le cadre de son intégration avec Microsoft News. Les éditeurs de contenu éditorial qui balisent correctement leurs articles avec des propriétés comme datePublished, author, headline ou encore image constatent une meilleure indexation et une remontée plus fréquente dans les modules d’actualités de Bing. À l’inverse, des propriétés comme BreadcrumbList ou SiteLinksSearchBox, massivement adoptées dans une optique Google, sont bien lues par Bingbot mais produisent des effets visuels moins spectaculaires sur les SERP de Bing.
L’intégration avec Bing Copilot : un nouveau terrain de jeu pour le balisage structuré
Depuis l’intégration de l’IA générative dans Bing sous la forme de Copilot (anciennement Bing Chat, propulsé par GPT-4 d’OpenAI), les données structurées ont pris une nouvelle dimension. Lorsque Copilot génère une réponse synthétique à une requête complexe, il s’appuie en partie sur les contenus qu’il a indexés via Bingbot. Et les pages correctement balisées ont un avantage non négligeable : elles fournissent des données propres, normalisées, facilement extractibles pour alimenter ces synthèses. Concrètement, un balisage Product complet avec les propriétés price, availability, aggregateRating et brand donne à Copilot les éléments dont il a besoin pour citer votre produit dans une réponse comparative. De même, un balisage FAQPage bien structuré peut littéralement voir ses questions-réponses reprises dans les blocs de réponse directe générés par l’IA. Ce n’est plus seulement du SEO traditionnel : on entre dans le territoire du GEO (Generative Engine Optimization), et les données structurées en sont l’un des piliers fondamentaux.
Pour les professionnels du SEO en France, cette évolution mérite qu’on y consacre du temps en 2025. Les audits techniques qui négligent Bing et se concentrent exclusivement sur Google passent à côté d’une opportunité croissante, d’autant que la part de marché de Bing tend à progresser avec l’adoption d’Edge et des outils Microsoft en entreprise — un segment où les agences B2B ont tout intérêt à se positionner.
Les erreurs courantes et les bonnes pratiques à adopter
Dans la pratique, plusieurs erreurs reviennent fréquemment lors des audits de sites pour Bing. La première est l’utilisation du format Microdata au détriment du JSON-LD. Si Bing supporte les deux, son moteur traite plus efficacement le JSON-LD, qui présente l’avantage d’être découplé du HTML et donc plus facile à maintenir. La deuxième erreur courante est le manque de cohérence entre les données structurées et le contenu visible de la page. Bing est particulièrement strict sur ce point : une propriété price affichée dans le balisage mais absente ou différente dans le contenu HTML peut entraîner une désqualification du rich result. La troisième erreur est l’omission des propriétés obligatoires. Contrairement à Google, qui affiche parfois des rich results même avec un balisage incomplet, Bing applique des règles plus rigoureuses : si une propriété requise manque, le rich result n’est tout simplement pas déclenché.
Bon à savoir également : Bing dispose de son propre outil de validation des données structurées, le Bing Markup Validator, accessible via Bing Webmaster Tools. C’est un outil souvent ignoré par les SEO français, habitués à n’utiliser que le Rich Results Test de Google. Pourtant, les deux outils ne produisent pas toujours les mêmes retours, et certaines erreurs spécifiques à Bing n’apparaissent que dans sa console dédiée. L’intégrer dans ses processus d’audit est une bonne pratique à adopter sans attendre.
Ce que les agences françaises doivent retenir
La montée en puissance de Bing, portée par son intégration dans l’écosystème Microsoft et par l’essor de Copilot, transforme progressivement le paysage SEO. Les données structurées ne sont plus un simple signal de qualité pour Google : elles deviennent un langage universel que tous les moteurs — et désormais les IA génératives — utilisent pour comprendre, classer et citer vos contenus. Pour les agences françaises, ignorer Bingbot en 2025 serait une erreur de stratégie. Non pas parce que Bing détrônera Google demain, mais parce que les efforts consentis pour un balisage structuré rigoureux bénéficient simultanément à tous les moteurs, et que le ratio effort/impact de cette optimisation est aujourd’hui particulièrement favorable. Les clients qui cherchent à capter des audiences en milieu professionnel, sur des appareils Windows ou via des outils Microsoft 365, ont toutes les raisons de vouloir être bien représentés dans les résultats de Bing — et c’est aux agences de leur proposer cette expertise.



