Bingbot et le fichier robots.txt : les bases à connaître
Lorsqu’on parle de référencement naturel, on pense souvent en premier lieu à Googlebot. Pourtant, le moteur de recherche de Microsoft, Bing, dispose de son propre robot d’exploration, Bingbot, qui visite régulièrement des millions de sites web. Et comme tout crawler sérieux, il respecte les directives contenues dans le fichier robots.txt. Ce fichier, placé à la racine de votre domaine, permet de définir quelles parties de votre site peuvent être explorées, et par qui. Si vous gérez le SEO d’un site en France, ignorer Bingbot dans votre stratégie d’optimisation du crawl pourrait vous faire passer à côté d’une part non négligeable de trafic organique. Bing représente en effet entre 5 et 10 % des recherches en France selon les estimations récentes, un volume qui mérite qu’on s’y attarde sérieusement.
Comment fonctionne le fichier robots.txt avec Bingbot ?
Le fichier robots.txt suit le protocole d’exclusion des robots (REP, Robots Exclusion Protocol). Il contient des blocs User-agent qui permettent de cibler un crawler spécifique ou tous les robots à la fois. Pour s’adresser précisément à Bingbot, il suffit d’utiliser la directive User-agent: Bingbot, suivie des règles que vous souhaitez lui appliquer. Microsoft est transparent sur le nom de son agent : il s’identifie bien sous le nom Bingbot, avec un B majuscule, bien que la comparaison soit insensible à la casse dans la pratique. Ce niveau de granularité vous permet d’appliquer des règles différentes entre Googlebot et Bingbot, ce qui peut s’avérer utile dans certains cas précis. Par exemple, si une section de votre site se comporte mal dans les résultats Bing sans que cela n’affecte Google, vous pouvez agir spécifiquement sur le crawler Microsoft sans toucher à vos paramètres existants pour Google.
Concrètement, voici un exemple de bloc dédié à Bingbot dans un fichier robots.txt :
User-agent: Bingbot
Disallow: /espace-client/
Disallow: /panier/
Crawl-delay: 5
Dans cet exemple, on interdit l’accès à deux sections privées du site et on indique un délai de crawl de 5 secondes entre chaque requête. Cette directive Crawl-delay est particulièrement importante avec Bingbot : contrairement à Google qui gère le rythme de crawl via sa Search Console, Microsoft propose cette option directement dans le robots.txt pour limiter la charge sur vos serveurs.
La directive Crawl-delay : une spécificité importante pour Microsoft
L’une des différences notables entre la gestion du crawl Google et celle de Bing réside justement dans l’utilisation de la directive Crawl-delay. Google l’ignorait historiquement et préférait passer par ses propres outils, comme les paramètres de vitesse de crawl disponibles dans Google Search Console. Bingbot, lui, prend en compte cette directive. Pour les sites disposant de ressources serveur limitées — ce qui est souvent le cas des PME et des sites gérés par des agences SEO de taille intermédiaire — cette possibilité de contrôle fin est précieuse. En définissant un délai raisonnable, vous évitez que Bingbot ne sur-sollicite votre infrastructure lors de ses passages, ce qui pourrait dégrader les performances du site pour vos visiteurs réels et, par ricochet, impacter négativement vos Core Web Vitals.
Il convient néanmoins d’utiliser cette directive avec parcimonie. Un Crawl-delay trop élevé peut ralentir significativement l’indexation de votre contenu par Bing. Pour un site qui publie régulièrement de nouveaux contenus — un blog, un site e-commerce avec des fiches produits fréquemment mises à jour — une valeur trop haute pénalise la fraîcheur de l’index. Microsoft recommande de ne pas dépasser des valeurs de 1 à 10 secondes selon la taille et la robustesse de votre infrastructure. Au-delà, vous risquez de freiner inutilement Bingbot sans réel bénéfice pour vos serveurs.
Tester et vérifier son robots.txt pour Bingbot : les outils disponibles
Bing met à disposition des webmasters un outil de diagnostic accessible via Bing Webmaster Tools, l’équivalent bing de la Google Search Console. Depuis l’interface, il est possible de tester le comportement de Bingbot face à votre fichier robots.txt actuel, à l’image du testeur de robots.txt que propose Google. Cet outil vous indique clairement si une URL spécifique est autorisée ou bloquée, et vous permet de simuler des configurations avant de les déployer en production. Pour les agences SEO qui gèrent de nombreux clients, intégrer cette vérification dans l’audit technique initial est une bonne pratique souvent négligée. On estime en effet que près d’un tiers des fichiers robots.txt analysés lors d’audits contiennent des directives involontairement contradictoires ou trop restrictives pour certains crawlers.
Bing Webmaster Tools propose également un rapport sur les pages bloquées par le robots.txt, ce qui vous permet d’identifier rapidement si des contenus importants sont accidentellement exclus de l’exploration. Ce type d’erreur est plus fréquent qu’on ne le croit : une règle générique trop large, un slash mal placé, et c’est toute une catégorie de pages qui disparaît des radars de Bingbot. Pensez également à soumettre votre sitemap XML directement dans Bing Webmaster Tools, une étape simple qui accélère considérablement la découverte et l’indexation de vos URLs par le moteur de Microsoft.
Faut-il vraiment traiter Bingbot différemment des autres crawlers ?
Pour la grande majorité des sites, une règle globale via User-agent: * suffit à couvrir tous les robots, Bingbot compris. Cependant, certaines situations justifient une gestion distincte. Premièrement, si vous constatez des anomalies dans votre rapport d’indexation Bing sans que Google ne soit affecté, une règle spécifique peut aider à isoler le problème. Deuxièmement, dans le cadre de stratégies de crawl budget avancées — notamment pour les sites e-commerce avec des milliers de pages — différencier les règles par crawler peut optimiser l’allocation des ressources d’exploration. Troisièmement, si votre site cible des marchés anglophones ou nord-américains en parallèle du marché français, Bing y pèse beaucoup plus lourd qu’en France, avec des parts de marché pouvant dépasser 15 à 20 % selon les segments, ce qui renforce l’intérêt d’une optimisation dédiée.
En conclusion, bien gérer le fichier robots.txt pour Bingbot n’est pas une tâche complexe, mais elle demande une attention particulière que beaucoup d’acteurs du SEO en France ont tendance à négliger au profit d’une focalisation exclusive sur Google. Prendre quelques minutes pour auditer vos directives actuelles, tester votre configuration dans Bing Webmaster Tools et ajuster votre Crawl-delay si nécessaire peut faire une différence mesurable sur votre visibilité dans les résultats de Bing. Pour les agences SEO qui souhaitent offrir une prestation complète à leurs clients, c’est un point de différenciation concret et facilement valorisable.



