Bingbot en 2025 : une année charnière pour le crawler de Microsoft
L’année 2025 aura été particulièrement riche en évolutions pour Bingbot, le robot d’indexation de Microsoft qui alimente le moteur de recherche Bing. Longtemps relégué au second plan face à Googlebot, le crawler de Microsoft a connu une véritable renaissance, portée par l’intégration massive de l’intelligence artificielle dans l’écosystème Bing. Pour les agences SEO françaises, qui ont parfois tendance à négliger Bing au profit de Google, ce bilan annuel mérite une attention particulière. En France, Bing représente désormais entre 6 et 9 % des parts de marché sur la recherche desktop, une part non négligeable quand on travaille sur des volumes importants de trafic organique.
L’impact de l’IA sur le comportement de Bingbot
La grande nouveauté de 2025 côté Microsoft réside dans la relation étroite qu’entretient désormais Bingbot avec les systèmes d’intelligence artificielle de l’entreprise. Depuis l’intégration de Copilot dans les résultats de recherche Bing, le crawler a dû s’adapter à de nouveaux besoins d’indexation. Microsoft a en effet confirmé, à travers plusieurs annonces officielles et mises à jour de sa documentation Bing Webmaster Tools, que Bingbot effectue désormais des crawls différenciés : l’un orienté vers l’indexation classique, et l’autre spécifiquement dédié à l’alimentation des réponses générées par l’IA. Ce deuxième type de crawl, parfois désigné sous le nom de BingBot-AI dans certains logs serveur, a surpris de nombreux webmasters en début d’année, générant des interrogations légitimes sur la nature des visites et leur utilité réelle.
Cette distinction est importante pour les SEO : les contenus répondant à des questions précises, bien structurés avec des balises Hn cohérentes et un maillage interne logique, semblent bénéficier d’une fréquence de crawl accrue. Les agences françaises qui travaillent sur des stratégies de contenu orientées question/réponse ont ainsi pu observer des gains de visibilité sur Bing, notamment sur des requêtes à longue traîne. Ce n’est pas un hasard : Microsoft cherche à alimenter Copilot avec des sources fiables et bien structurées, et Bingbot est le vecteur principal de cette collecte d’informations.
Fréquence de crawl, politesse et gestion des ressources
Sur le plan technique, 2025 a également été l’occasion pour Microsoft de clarifier sa politique de crawl. Bing Webmaster Tools s’est enrichi de nouvelles options permettant aux webmasters de mieux contrôler la fréquence à laquelle Bingbot visite leur site. Une fonctionnalité longtemps attendue par les éditeurs gérant des sites à fort volume de pages, comme les sites e-commerce ou les médias en ligne. Concrètement, il est désormais possible de définir des plages horaires préférentielles pour le passage de Bingbot, réduisant ainsi l’impact du crawler sur les performances serveur aux heures de forte affluence.
Par ailleurs, Microsoft a renforcé la transparence autour du comportement de son bot. Les rapports disponibles dans Bing Webmaster Tools sont aujourd’hui plus détaillés, avec des informations sur les pages crawlées, les erreurs rencontrées (404, redirections en chaîne, timeouts) et les ressources bloquées par le fichier robots.txt. Pour les équipes techniques des agences SEO françaises, ces données constituent une mine d’informations complémentaires à celles fournies par Google Search Console. Il serait dommage de s’en priver, d’autant que l’outil est gratuit et relativement simple à configurer pour les noms de domaine que l’on souhaite surveiller.
Bing IndexNow : l’accélérateur d’indexation qui gagne du terrain
On ne peut pas dresser un bilan de Bingbot en 2025 sans évoquer le protocole IndexNow, co-développé par Microsoft et Yandex, et qui continue de progresser dans son adoption mondiale. Ce protocole permet aux webmasters de notifier instantanément les moteurs de recherche compatibles dès qu’une page est créée, mise à jour ou supprimée. En 2025, IndexNow est désormais supporté par un nombre croissant de CMS et d’outils SEO, dont plusieurs plugins WordPress populaires ainsi que des solutions comme Wix, Duda ou encore certaines plateformes e-commerce françaises.
L’adoption d’IndexNow en France reste encore timide, notamment chez les petites et moyennes agences qui n’ont pas encore intégré ce protocole dans leurs processus de déploiement. Pourtant, les bénéfices sont concrets : une indexation plus rapide sur Bing (et sur Yandex), une meilleure réactivité lors des mises à jour éditoriales et une réduction du crawl budget gaspillé sur des pages anciennes ou obsolètes. Pour les sites d’actualité, les blogs à forte cadence de publication ou les boutiques en ligne avec des catalogues évolutifs, IndexNow représente un levier réel d’optimisation. En 2026, il serait surprenant que Google n’adopte pas ce standard de manière plus officielle, ce qui rendrait ce protocole encore plus incontournable.
Bingbot face à la montée des IA concurrentes
L’un des défis majeurs de 2025 pour Bingbot a été de composer avec une concurrence accrue dans le domaine des crawlers liés à l’IA. Des bots comme GPTBot d’OpenAI, ClaudeBot d’Anthropic ou encore le crawler de Perplexity AI ont multiplié leurs passages sur les serveurs web, créant parfois des tensions avec les éditeurs soucieux de protéger leur contenu. Microsoft se retrouve dans une position ambiguë : d’un côté, Bingbot joue un rôle d’indexation traditionnel au service du moteur de recherche ; de l’autre, des partenariats étroits avec OpenAI (dont Microsoft est un actionnaire majeur) brouillent les frontières entre indexation classique et collecte de données pour l’entraînement de modèles de langage.
Cette situation a poussé de nombreux éditeurs français à revoir leur fichier robots.txt en 2025, en bloquant sélectivement certains bots tout en maintenant l’accès à Bingbot et Googlebot. Des discussions de fond ont également eu lieu au sein de la communauté SEO française sur la légitimité de ces crawls et les droits des éditeurs sur leur contenu. Des initiatives comme la révision de la directive européenne sur le droit d’auteur pourraient, à terme, impacter directement la manière dont les bots d’IA sont autorisés à collecter des données sur des sites hébergés ou ciblant des utilisateurs en Europe.
Perspectives 2026 : ce que les agences françaises doivent anticiper
À l’aube de 2026, Bingbot s’affirme comme un acteur SEO à prendre au sérieux, et non plus comme un simple épiphénomène à côté de Googlebot. Plusieurs tendances se dessinent pour l’année à venir. Premièrement, l’indexation différenciée pour les réponses IA va s’intensifier : les contenus qui ne sont pas lisibles par les crawlers de Microsoft risquent de disparaître des résultats Copilot, avec des conséquences potentielles sur la visibilité de marque. Deuxièmement, IndexNow devrait devenir un standard de fait pour tout site souhaitant maintenir une indexation rapide sur plusieurs moteurs simultanément.
Pour les agences SEO françaises, l’enjeu est clair : intégrer Bing Webmaster Tools dans les audits et les reportings clients, ne plus traiter Bingbot comme un invité indésirable dans les logs serveur, et anticiper les évolutions liées à la recherche augmentée par l’IA. Les clients grands comptes, en particulier, commencent à poser des questions sur leur visibilité dans Copilot, ce qui ouvre un nouveau champ de prestation pour les agences capables de répondre à cette demande. En somme, 2025 aura été l’année où Bingbot a cessé d’être optionnel dans une stratégie SEO complète.



