Le LCP, un indicateur clé que Google surveille de près
Depuis que Google a officialisé les Core Web Vitals comme facteur de classement, le Largest Contentful Paint (LCP) est devenu l’un des indicateurs les plus scrutés par les professionnels du SEO. Pour rappel, le LCP mesure le temps nécessaire pour afficher l’élément le plus volumineux visible dans la fenêtre de navigation — le plus souvent une image hero, une bannière ou une photo principale. En 2025, Google considère qu’un LCP inférieur à 2,5 secondes est satisfaisant, entre 2,5 et 4 secondes il est à améliorer, et au-delà de 4 secondes il est jugé mauvais. Si ces seuils ne sont pas nouveaux, les recommandations techniques pour y parvenir ont, elles, considérablement évolué. Les formats d’images et leur manière d’être chargées sont aujourd’hui au cœur du sujet, et Google a précisé ses attentes dans plusieurs documents officiels et retours d’équipes comme Chrome et Search Central.
WebP et AVIF : quelles différences, et que recommande Google ?
Le format WebP n’est plus vraiment une nouveauté — il a été introduit par Google il y a plus d’une décennie — mais il reste en 2025 le format de transition le plus utilisé pour remplacer les JPEG et PNG traditionnels. Son principal atout : une compression supérieure à qualité visuelle équivalente, avec un gain de poids allant de 25 à 35 % par rapport au JPEG selon les contenus. Cela se traduit directement par un temps de chargement réduit, et donc un meilleur LCP. Mais un nouveau venu a progressivement pris de l’importance : le format AVIF. Basé sur le codec AV1, AVIF offre des taux de compression encore plus élevés que WebP, souvent entre 40 et 55 % de réduction par rapport à un JPEG équivalent, avec une qualité visuelle préservée voire améliorée, notamment sur les images complexes ou les photographies.
Google recommande désormais explicitement d’explorer l’adoption de l’AVIF lorsque la compatibilité navigateur le permet. Et justement, en 2025, la compatibilité n’est plus vraiment un frein : Chrome, Firefox, Edge et Safari supportent tous l’AVIF. Seuls quelques environnements plus anciens ou spécifiques peuvent poser problème. La bonne pratique recommandée par Google est d’utiliser la balise HTML <picture> avec plusieurs sources, permettant au navigateur de choisir le format le plus adapté :
<picture>
<source srcset="image.avif" type="image/avif">
<source srcset="image.webp" type="image/webp">
<img src="image.jpg" alt="Description de l'image">
</picture>
Cette approche garantit une compatibilité universelle tout en servant le format le plus performant à chaque visiteur. Pour les agences françaises qui gèrent des sites e-commerce ou des portfolios à forte charge visuelle, l’adoption de cette technique combinée peut faire gagner plusieurs dixièmes de secondes sur le LCP — ce qui, dans les SERP françaises très concurrentielles, peut faire une vraie différence.
Le lazy loading : un outil puissant, mais à utiliser avec discernement
Le lazy loading — ou chargement différé — consiste à ne charger les images qu’au moment où elles sont sur le point d’entrer dans le champ de vision de l’utilisateur. Cette technique réduit le poids initial de la page, améliore le temps de chargement global et économise de la bande passante. Elle s’implémente simplement via l’attribut HTML loading="lazy" sur les balises <img>. Tous les navigateurs modernes le supportent nativement depuis plusieurs années.
Mais voilà où le bât blesse : Google a mis en garde à plusieurs reprises contre l’usage du lazy loading sur l’image principale d’une page, précisément celle qui est susceptible d’être l’élément LCP. Si cette image est chargée en différé, le navigateur doit d’abord calculer sa position dans le DOM, déterminer qu’elle est visible, puis seulement commencer à la télécharger — ce qui dégrade mécaniquement le LCP. La recommandation officielle de Google en 2025 est claire : ne jamais appliquer le lazy loading à l’image LCP. Au contraire, il est conseillé d’utiliser l’attribut fetchpriority="high" sur cette image, afin d’indiquer au navigateur de la charger en priorité absolue dès le début du parsing de la page.
En résumé : lazy loading oui, mais uniquement pour les images hors écran, jamais pour le contenu above the fold. Une erreur fréquente dans les sites WordPress français qui utilisent des plugins d’optimisation d’images configurés trop agressivement, et qui appliquent le lazy loading à toutes les images sans distinction.
Les recommandations pratiques de Google pour le LCP en 2025
Au-delà des formats et du lazy loading, Google insiste sur plusieurs autres bonnes pratiques pour optimiser le LCP lié aux images. Première d’entre elles : le préchargement des ressources critiques via la balise <link rel="preload">. En indiquant au navigateur qu’une image doit être récupérée dès que possible, on réduit le délai entre le début du chargement de la page et l’affichage de l’élément LCP. Cette technique est particulièrement efficace pour les images hébergées sur des CDN ou des domaines tiers.
Deuxième point : le dimensionnement adaptatif des images via l’attribut srcset combiné à sizes. Servir une image de 2000 pixels de large à un utilisateur mobile avec un écran de 390 pixels est un gaspillage considérable de bande passante. En 2025, Google intègre désormais les signaux de performance mobile dans son évaluation, et les sites qui servent des images surdimensionnées sur mobile sont pénalisés indirectement via un mauvais score LCP sur les données de terrain (CrUX). Troisième recommandation : éviter les images en arrière-plan CSS pour les éléments LCP potentiels. Le navigateur ne peut pas précharger efficacement une image définie en background-image dans une feuille de style, ce qui retarde inévitablement son affichage.
Ce que cela implique concrètement pour les agences SEO françaises
Pour les agences qui accompagnent des clients sur des projets de refonte ou d’optimisation technique, ces recommandations doivent désormais faire partie du cahier des charges standard. L’audit LCP ne peut plus se limiter à vérifier le score PageSpeed Insights : il faut analyser précisément quel élément est identifié comme LCP page par page, vérifier son format, son poids, sa méthode de chargement et sa priorité de récupération. Les outils comme Lighthouse, WebPageTest ou encore le rapport Core Web Vitals de la Google Search Console permettent de collecter ces informations avec une granularité suffisante.
En France, beaucoup de sites tournent encore sur des thèmes WordPress anciens ou des configurations Prestashop sans optimisation d’images native. La mise en place d’un pipeline de conversion automatique vers WebP ou AVIF — via des plugins comme Imagify, ShortPixel ou des solutions serveur comme ImageMagick ou libvips — combinée à une révision de la stratégie de lazy loading, peut produire des résultats mesurables en quelques semaines. Dans un contexte où la concurrence SEO est de plus en plus technique, maîtriser ces aspects devient un véritable avantage compétitif pour les agences capables de les expliquer et de les mettre en œuvre pour leurs clients.



