Bingbot et Bing Webmaster Tools : pourquoi s’y intéresser en 2024 ?
Dans l’univers du référencement naturel, Google occupe une place tellement dominante qu’il est facile d’oublier l’existence des autres moteurs de recherche. Pourtant, Bing — et son robot d’exploration Bingbot — représente une part de marché non négligeable, notamment en France où le moteur de Microsoft dépasse régulièrement les 5 à 7 % des requêtes selon les études récentes. Ce chiffre peut sembler modeste, mais ramené à des millions de recherches quotidiennes, il devient difficile de l’ignorer. Et surtout, Bing Webmaster Tools (BWT) propose des fonctionnalités souvent méconnues qui peuvent réellement enrichir votre stratégie SEO globale, y compris pour votre positionnement sur Google.
Comprendre Bingbot : le robot explorateur de Microsoft
Bingbot est le crawler officiel de Microsoft, responsable de l’exploration et de l’indexation des pages web pour le moteur Bing. Son fonctionnement est comparable à celui de Googlebot : il parcourt les liens, lit le contenu des pages, analyse les métadonnées et transmet les informations collectées aux serveurs d’indexation de Microsoft. Cependant, Bingbot présente quelques particularités importantes à connaître. D’abord, il respecte scrupuleusement les directives du fichier robots.txt, mais il interprète certaines balises différemment de son homologue Google. Par exemple, la balise noindex est bien prise en compte, mais les règles de crawl rate peuvent se paramétrer directement depuis l’interface de Bing Webmaster Tools, ce qui est un avantage considérable pour gérer la pression d’exploration sur vos serveurs.
Depuis 2022, Microsoft a également annoncé que Bingbot exploite des technologies d’intelligence artificielle pour mieux comprendre le contenu des pages, notamment dans le contexte de l’intégration de Bing avec ChatGPT. Ce rapprochement entre IA générative et moteur de recherche a propulsé Bing sous les feux des projecteurs, et avec lui, l’importance de bien optimiser son site pour Bingbot. Les agences SEO françaises qui avaient mis Bing de côté commencent à reconsidérer leur position, et c’est une bonne chose.
Bing Webmaster Tools : un tableau de bord sous-estimé
Si vous êtes familier avec Google Search Console, vous ne serez pas dépaysé par Bing Webmaster Tools. L’interface, disponible à l’adresse webmaster.bing.com, propose des sections similaires : rapports d’exploration, couverture d’index, performances des mots-clés, sitemaps, etc. Mais BWT va plus loin sur certains points. L’outil SEO Analyzer, par exemple, effectue un audit on-page directement depuis l’interface, en identifiant les problèmes de balises title dupliquées, de descriptions manquantes, de liens cassés ou encore de temps de chargement excessif. C’est un outil d’audit rapide et gratuit, particulièrement utile pour un premier diagnostic sans avoir à sortir un abonnement Screaming Frog ou Semrush.
La section Keyword Research intégrée à BWT mérite également une attention particulière. Elle fournit des données de volume de recherche spécifiques à l’index Bing, avec des suggestions de mots-clés et des informations sur la saisonnalité. Pour les professionnels du SEO qui cherchent à diversifier leurs sources de données, ces informations complètent avantageusement celles de Google Keyword Planner, surtout pour des niches où les comportements de recherche diffèrent légèrement entre les deux moteurs. En France, certains secteurs comme la finance, l’assurance ou les services aux entreprises présentent des profils d’utilisateurs Bing très distincts, souvent des actifs utilisant des ordinateurs professionnels sous Windows avec Edge comme navigateur par défaut.
Les fonctionnalités avancées à exploiter dès maintenant
Au-delà des basiques, Bing Webmaster Tools propose plusieurs fonctionnalités avancées qui méritent d’être intégrées dans votre workflow SEO quotidien. La première est l’outil URL Inspection, qui permet de vérifier en temps réel si une URL est correctement indexée, de voir le dernier crawl de Bingbot et de demander une réindexation manuelle. Cette fonctionnalité est précieuse lors de lancements de nouvelles pages ou après des corrections techniques importantes. Contrairement à certaines idées reçues, Bing indexe assez rapidement les contenus soumis manuellement, parfois en moins de 48 heures pour les sites disposant d’une bonne autorité.
La gestion des sitemaps est également très bien traitée dans BWT. Vous pouvez soumettre plusieurs sitemaps, suivre leur taux de traitement et détecter les erreurs d’exploration associées. Un point souvent négligé : Bing supporte parfaitement les sitemaps d’images et les sitemaps vidéo, ce qui peut représenter un levier de visibilité supplémentaire pour les sites e-commerce ou les médias. L’outil de Disavow Links est aussi disponible nativement, permettant de signaler à Bingbot les liens toxiques à ignorer — une pratique toujours recommandée lors de la reprise d’un site ayant subi des pénalités ou des campagnes de netlinking douteux.
Enfin, depuis fin 2023, Microsoft a renforcé l’intégration de BWT avec les données liées à Bing Chat (rebaptisé Copilot). Les sites bien structurés, avec un balisage Schema.org complet et des contenus clairs, ont davantage de chances d’être cités dans les réponses générées par l’IA de Bing. Pour les agences qui travaillent sur des stratégies GEO (Generative Engine Optimization), cette dimension prend une importance croissante.
Conseils pratiques pour les agences SEO françaises
Pour tirer le meilleur parti de Bingbot et de Bing Webmaster Tools, voici quelques recommandations concrètes à intégrer dans vos processus agence. Premièrement, vérifiez systématiquement vos sites clients sur BWT, au même titre que sur Google Search Console. La vérification est simple — via un fichier XML, une balise meta ou un enregistrement DNS — et prend moins de dix minutes. Deuxièmement, utilisez le rapport de performance BWT pour identifier des opportunités de mots-clés que vous n’avez peut-être pas détectés via les outils orientés Google. Certains termes convertissent mieux sur Bing en raison du profil démographique de ses utilisateurs, généralement un peu plus âgés et avec un pouvoir d’achat plus élevé.
Troisièmement, pensez à paramétrer le crawl rate de Bingbot pour vos sites à fort trafic ou à ressources serveur limitées. BWT est le seul outil qui permet nativement de contrôler la fréquence d’exploration de son bot, une fonctionnalité que Google Search Console ne propose plus directement. Quatrièmement, profitez du SEO Analyzer comme outil de rapport client complémentaire : il génère des recommandations pédagogiques, faciles à comprendre pour un interlocuteur non-technique. C’est un argument de valeur supplémentaire lors de vos bilans mensuels.
En conclusion, négliger Bing Webmaster Tools en 2024 serait une erreur stratégique pour toute agence SEO sérieuse. Non seulement l’outil offre des données et des leviers d’action pertinents sur un moteur en regain de popularité grâce à l’IA, mais il constitue également une source d’informations complémentaires précieuses pour affiner vos audits techniques et vos stratégies de contenu. À l’heure où la diversification des sources de trafic devient un enjeu crucial, Bingbot mérite enfin toute l’attention qu’il n’a pas toujours reçue.



