Bingbot en 2025 : un crawler à ne plus négliger
Long temps relégué au second plan derrière Googlebot, Bingbot s’est progressivement imposé comme un acteur incontournable du paysage SEO mondial. En 2025, cette tendance s’est encore accentuée, portée par l’intégration de Bing au cœur de Copilot, l’assistant IA de Microsoft, et par l’essor de nouvelles surfaces de recherche comme Bing Chat ou les réponses génératives intégrées à Windows 11. Pour les agences SEO françaises, ignorer Bingbot n’est plus vraiment une option raisonnable : les parts de marché de Bing en France restent certes modestes comparées à Google (autour de 4 à 6 % selon les sources), mais elles représentent un volume de trafic non négligeable sur certains secteurs, notamment le BtoB, la finance ou les requêtes depuis les environnements Microsoft. Maîtriser les directives de crawl spécifiques à Bingbot, ainsi que ses différents User Agents, devient donc une compétence technique à part entière.
Les User Agents de Bingbot : une famille plus large qu’on ne le croit
La première confusion courante chez les développeurs et les SEO concerne la multiplicité des User Agents associés à l’écosystème Microsoft. En 2025, Bingbot ne se résume plus à un seul robot : il s’agit en réalité d’une famille de crawlers, chacun ayant une fonction précise. Le User Agent principal reste Mozilla/5.0 (compatible; bingbot/2.0; +http://www.bing.com/bingbot.htm), utilisé pour l’exploration standard des pages web en vue de leur indexation dans les résultats de recherche classiques. Mais à côté de lui, on trouve également MicrosoftPreview, utilisé pour générer les aperçus de liens dans les applications Microsoft, ainsi que adidxbot, le crawler dédié à la publicité Bing Ads, dont le comportement et les priorités de crawl diffèrent sensiblement du bot d’indexation organique.
Depuis l’essor des fonctionnalités IA, Microsoft a également déployé des crawlers spécifiques liés à ses services génératifs. Le robot GPTBot de OpenAI (partenaire de Microsoft) et des agents internes à Copilot viennent compléter le tableau. Il est donc essentiel, lors de la configuration de votre fichier robots.txt ou de vos règles serveur, de distinguer clairement ces différents agents pour appliquer des directives adaptées à chacun d’eux. Un blocage trop générique risque d’exclure Bingbot de pages que vous souhaitez pourtant voir indexées, tandis qu’une politique trop permissive peut laisser certains bots IA aspirer votre contenu sans contrepartie en termes de visibilité.
Vérifier l’authenticité de Bingbot : une étape indispensable
Comme pour Googlebot, il existe des techniques permettant de vérifier qu’un crawler se réclamant de Bingbot est bien légitime. Microsoft recommande officiellement d’utiliser la méthode de reverse DNS lookup : en résolvant l’adresse IP du robot via une requête DNS inverse, vous devez obtenir un nom d’hôte se terminant par search.msn.com. Une résolution DNS directe sur ce nom d’hôte doit ensuite retourner la même adresse IP de départ. Cette double vérification est aujourd’hui considérée comme la référence pour s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un bot malveillant cherchant à se faire passer pour Bingbot afin de contourner vos règles de blocage.
En pratique, les agences qui gèrent des sites à fort trafic ou des plateformes sensibles (e-commerce, médias, finance) intègrent désormais cette vérification dans leurs outils de monitoring de logs. Analyser les journaux serveur permet non seulement de confirmer l’authenticité des visites de Bingbot, mais aussi de mesurer sa fréquence de passage, les pages qu’il privilégie et celles qu’il ignore. C’est une donnée précieuse pour comprendre comment Microsoft perçoit votre architecture de site et pour détecter d’éventuels problèmes de crawl budget que les outils classiques ne remontent pas toujours clairement.
Directives robots.txt et balises meta : ce que Bing respecte vraiment
Bingbot est globalement conforme aux standards du protocole robots.txt, mais avec quelques nuances importantes à connaître. Contrairement à Googlebot, qui a progressivement déprécié la directive Crawl-delay, Bingbot continue de la prendre en compte en 2025. Cela signifie que vous pouvez ralentir le rythme de crawl de Bingbot directement depuis votre fichier robots.txt sans avoir à passer par un outil tiers, ce qui peut être utile sur des serveurs mutualisés ou des infrastructures aux ressources limitées.
Concernant les balises meta robots, Bingbot respecte les directives noindex, nofollow, noarchive et nocache, cette dernière étant d’ailleurs spécifique à Bing puisqu’elle empêche l’affichage de la version en cache de la page dans les SERPs Bing. La directive nosnippet est également prise en charge et fonctionne de manière similaire à son équivalent Google. En revanche, certaines directives plus récentes introduites par Google, comme max-snippet ou max-image-preview, ne sont pas officiellement documentées comme étant supportées par Bing avec le même niveau de granularité, ce qui peut entraîner des comportements d’affichage différents entre les deux moteurs dans leurs résultats respectifs.
Bing Webmaster Tools : l’outil de pilotage à ne pas sous-estimer
Pour piloter le comportement de Bingbot sur votre site, Bing Webmaster Tools reste la ressource centrale. En 2025, l’interface a été significativement améliorée et propose désormais des fonctionnalités qui rivalisent avec celles de la Google Search Console sur plusieurs points. L’outil d’inspection d’URL permet de vérifier si une page est bien indexée et de demander un recrawl manuel, tandis que le rapport de couverture d’index offre une vue détaillée des erreurs rencontrées par Bingbot lors de ses passages. L’une des fonctionnalités les plus appréciées des SEO avancés est le SEO Analyzer intégré, qui fournit une analyse on-page directement depuis l’interface de Bing, un avantage non négligeable pour les audits rapides.
Pour les agences françaises qui accompagnent des clients avec une dimension internationale ou des cibles BtoB utilisant massivement l’environnement Microsoft (Teams, Outlook, Edge), connecter les sites à Bing Webmaster Tools n’est plus une option secondaire mais une pratique standard de bonne gestion SEO. La vérification du site peut se faire via balise meta, fichier HTML, enregistrement DNS ou tag Google Analytics, ce qui facilite l’intégration dans des workflows d’onboarding client déjà établis. En synthèse, maîtriser Bingbot en 2025, c’est maîtriser un écosystème technique cohérent, documenté et en constante évolution, dont l’importance ne fera que croître à mesure que les surfaces IA de Microsoft prendront de la place dans les habitudes de recherche des utilisateurs.



