Bingbot, le grand oublié du SEO… à tort

Dans l’écosystème du référencement naturel, Google règne en maître incontesté. Les agences SEO françaises consacrent l’essentiel de leurs efforts à satisfaire Googlebot, et c’est parfaitement compréhensible : le moteur de Mountain View capte encore entre 90 et 92 % des recherches effectuées en France. Pourtant, ignorer totalement Bingbot — le robot d’exploration de Microsoft — commence à ressembler à une erreur stratégique. En 2025, plusieurs signaux convergent pour rappeler aux professionnels du référencement que Bing mérite une attention renouvelée, et que son robot mérite d’être traité avec le même soin que son homologue de Google.

La part de marché de Bing en France tourne autour de 4 à 6 % selon les sources, ce qui peut sembler marginal. Mais rapportez ce chiffre au volume total de recherches effectuées chaque mois sur le territoire français, et vous obtenez des dizaines de millions de requêtes. Ce n’est plus anecdotique. Et surtout, depuis l’intégration de l’intelligence artificielle générative dans Bing — avec Copilot, propulsé par des modèles GPT d’OpenAI — l’audience du moteur de Microsoft a connu une croissance notable, en particulier auprès des utilisateurs de Windows 11 et des entreprises intégrées dans l’écosystème Microsoft 365. Autant de profils qui correspondent souvent à des décideurs, des acheteurs BtoB ou des professionnels à fort pouvoir d’achat.

Ce que fait réellement Bingbot en 2025

Bingbot est un crawler assez classique dans son fonctionnement de base : il explore les pages web, suit les liens, analyse le contenu et remonte les données à l’index de Bing. Mais en 2025, il s’inscrit dans un écosystème bien plus large. Les données collectées par Bingbot alimentent non seulement les résultats classiques de Bing Search, mais aussi Bing News, Bing Images, et désormais les réponses générées par Copilot. Ce dernier point est crucial : lorsqu’un utilisateur pose une question à Copilot intégré à Windows ou à Microsoft 365, la réponse s’appuie en partie sur l’index de Bing. Si votre site n’est pas correctement crawlé et indexé par Bingbot, vous êtes invisible dans ces nouvelles surfaces de réponse IA — ce qu’on appelle désormais le GEO (Generative Engine Optimization).

Microsoft a par ailleurs développé des outils spécifiques pour aider les webmasters à dialoguer avec Bingbot : Bing Webmaster Tools reste une console sous-utilisée par les agences françaises, alors qu’elle offre des fonctionnalités réellement utiles. On y trouve notamment un outil d’inspection d’URL, des rapports de crawl détaillés, un suivi des backlinks, et depuis peu des indications sur la manière dont Copilot perçoit et utilise le contenu d’un site. La console propose également un système de soumission de sitemaps et une fonctionnalité d’indexation accélérée via l’IndexNow Protocol — une initiative soutenue conjointement par Microsoft, Yandex et plusieurs autres moteurs. Google, lui, n’a toujours pas rejoint ce protocole officiellement, ce qui donne à Bing un avantage concret en matière de fraîcheur d’indexation.

IndexNow et les signaux de ranking : les différences à connaître

L’un des aspects les plus intéressants pour les professionnels du SEO est de comprendre en quoi les critères de ranking de Bing diffèrent de ceux de Google. Si les deux moteurs partagent des fondamentaux communs — qualité du contenu, pertinence, autorité des domaines référents, expérience utilisateur — Bing a exprimé publiquement, notamment via ses équipes techniques et ses communications officielles, une pondération différente sur certains signaux. Les métadonnées ont plus de poids chez Bing : la balise meta description, le title tag soigné, et même les balises meta keywords (abandonnées par Google depuis longtemps) peuvent encore avoir un effet marginal. Les données structurées Schema.org sont également très appréciées de Bingbot, tout comme les signaux sociaux — Microsoft a historiquement accordé plus d’importance aux partages sur les réseaux sociaux que Google dans ses algorithmes.

Du côté du crawl, Bingbot est généralement moins agressif que Googlebot, ce qui signifie que les sites avec un budget de crawl limité ou une architecture complexe peuvent être explorés de manière moins exhaustive. Il est donc important de soigner tout particulièrement le maillage interne, de proposer un sitemap XML à jour, et d’éviter les redirections en chaîne ou les contenus dupliqués qui pourraient décourager le robot d’aller plus loin. Microsoft a également annoncé fin 2024 que Bingbot prenait désormais mieux en compte les Core Web Vitals, se rapprochant ainsi des standards de Google en matière d’expérience page. Les agences qui ont déjà optimisé leurs sites pour le LCP, le FID (ou INP depuis mars 2024) et le CLS sont donc déjà dans les clous pour Bing.

Pourquoi les agences SEO françaises doivent intégrer Bing à leurs audits

La question n’est plus vraiment de savoir si Bing vaut la peine d’être travaillé, mais plutôt comment l’intégrer efficacement dans une stratégie globale sans y consacrer un budget disproportionné. La bonne nouvelle, c’est que dans la grande majorité des cas, un site bien optimisé pour Google sera également performant sur Bing. Les efforts ne sont pas redoublés, ils sont mutualisés. La différence se joue dans les détails : vérifier que Bingbot n’est pas bloqué dans le robots.txt (erreur plus fréquente qu’on ne le croit), s’assurer que le compte Bing Webmaster Tools est actif et lié à la Search Console Google pour faciliter l’import des données, et surveiller les rapports de crawl pour détecter d’éventuelles anomalies spécifiques à Bing.

Dans un contexte où l’IA générative redistribue les cartes du référencement, ignorer Bing revient à ignorer Copilot, et donc à s’exclure d’un canal de visibilité en pleine croissance. Pour les agences SEO françaises qui accompagnent des clients BtoB, des marques premium ou des entreprises du secteur technologique, l’audience de Bing est souvent plus qualifiée que la moyenne. En 2025, intégrer Bingbot dans les audits techniques, les reportings mensuels et les stratégies de contenu n’est plus un luxe : c’est une marque de rigueur professionnelle. Les moteurs se diversifient, les surfaces de réponse se multiplient, et les agences qui sauront tirer parti de cette diversification prendront une longueur d’avance sur celles qui continuent à jouer sur un seul tableau.

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